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L’INSEE, une entreprise de désinformation….

Comme on l’a souvent démontré dans El Dia de la Republica, l’INSEE est une entreprise au service du gouvernement qui ne dit que ce que le président désire. C’était vrai pour la mise en place de l’euro, l’INSEE expliquant que la nouvelle monnaie ne coûterait rien aux français; on a vu ce qu’il en était, un euro devenant l’équivalent d’un franc…

Un excellent article de Challenges.fr. démontre une fois de plus la désinformation constante de cet établissement de statistiques bricolées.

Les Français n’avaient jamais été autant touchés au portefeuille depuis 1984. A l’époque, le « tournant de la rigueur » impulsé par le président socialiste François Mitterrand prenait sa pleine mesure. Tout un symbole pour l’actuel locataire de l’Elysée, pressé sur sa gauche de relancer la croissance à coup de dépenses publiques.

En 2012, le pouvoir d’achat global des ménages a donc enregistré un recul de 0,9%, selon les dernières données de l’Insee publiées mercredi 15 mai. Un repli plus important que la première estimation réalisée par l’institut, qui tablait en mars dernier sur une baisse du pouvoir d’achat global de 0,4%. Cependant, lorsqu’on prend en compte certaines données comme les dépenses contraintes, la chute apparaît bien plus brutale que celle officiellement annoncée. Démonstration.

Pour calculer l’évolution du pouvoir d’achat, l’Insee compare la progression du revenu disponible brut des ménages à celle des prix à la consommation. Si l’inflation progresse plus rapidement que les revenus, le pouvoir d’achat diminue. Le revenu disponible brut des ménages comprend ainsi selon la définition de l’Insee la somme des revenus d’activités (les salaires), des revenus du capital (dividendes, intérêts de l’épargne ou encore loyers immobiliers perçus hors plus value latentes ou réalisées), des prestations sociales (allocations familiales, chômage, pensions, etc.) ainsi que des autres transferts courants (comme les indemnités d’assurance) auxquels l’Insee retranche les impôts et les cotisations sociales qui pèsent sur les ménages.

Or, malgré une très forte hausse des impôts de près de 10% en 2012 (contre +6,6% en 2011), le revenu disponible brut continue de progresser de 0,9%, passant de 1.326,3 à 1.338,4 milliards d’euros. Le problème c’est que cela ne compense plus la hausse des prix de consommation finale qui a été de 1,9% l’année dernière. Résultat: les Français peuvent s’acheter moins de choses qu’il y a un an, avec une diminution donc du pouvoir d’achat de 0,9% sur l’année. Une situation quasiment inédite en France depuis la deuxième guerre mondiale puisque le pouvoir d’achat global des Français ainsi calculé n’a baissé que deux fois depuis 1960: en 1983 et en 1984.

La démographie camoufle la perte de pouvoir d’achat

Le problème, c’est que ces données ne prennent pas en compte la démographie. Ce pouvoir d’achat correspond à l’ensemble de la population. Et si cette dernière augmente plus rapidement que les revenus disponibles, cela signifie que chaque personne dispose de moins de revenus. C’est pourquoi l’Insee mesure également l’évolution du pouvoir d’achat par personne. Avec une augmentation de la population d’environ 0,5% en 2012, le pouvoir d’achat par personne baisse alors non pas de 0,9% mais de 1,4%.

C’est encore pire si l’on recalcule le pouvoir d’achat par ménage. En effet, le nombre de ménages français a tendance à progresser plus rapidement que la population du fait du vieillissement de la population (par exemple, des femmes âgées restent seules après la mort de leur mari et comptent toujours pour un foyer) et du phénomène de décohabitation avec les divorces. Ainsi, le nombre de ménages a progressé de 1% en 2012, soit presque deux fois plus vite que la population. Le pouvoir d’achat par ménage recule ainsi de près de 1,9%.

Des dépenses contraintes qui augmentent

Ces données ne semblent toutefois pas suffisantes pour traduire le ressenti des Français quant à leur capacité à supporter le coût de la vie. Cela s’explique notamment par les dépenses contraintes comme le logement qui semblent toujours augmenter plus rapidement que l’inflation. Un indicateur, rarement mis en avant par les autorités, existe pourtant bel et bien pour en rendre compte. L’Insee calcule chaque année ce qu’elle appelle les dépenses de consommation finale « pré-engagées », autrement dit les dépenses contraintes.

Il s’agit selon la définition de l’Insee des dépenses liées au logement, au chauffage, à l’électricité, aux services de télécommunications, aux frais de cantine, à la redevance télévisuelle ou encore aux frais d’assurance. Le reste est considéré par l’institut comme le revenu « arbitrable », c’est-à-dire le budget dont disposent réellement les ménages à leur guise.

Et là, surprise: si les revenus bruts disponibles augmentent de 0,9%, le revenu « arbitrable » progresse beaucoup moins vite : de seulement 0,2% en 2012. Cette différence s’explique par le fait que les dépenses contraintes ont augmenté de leur côté de plus de 2,8% sur un an.

Du coup, l’évolution du pouvoir d’achat, en dehors des dépenses incompressibles, est encore plus alarmante. Le pouvoir d’achat « arbitrable » a ainsi diminué de 2,6% par personne et de 3,1% par ménage. Soit, là encore, la plus forte baisse observée depuis 1984, où cet indicateur avait enregistré un repli de 3,6%.

http://www.challenges.fr/economie/20130515.CH…

William Cardspeare