Retraites: Hollande, Sarkozy, idem….

 

C’est reparti pour un tour de manège car les nouvelles sont mauvaises. Elles ne pourraient être autrement, le pouvoir socialiste par idéologie et intérêt personnel voulant à tout prix sauver la répartition, véritable idole du pouvoir politico-médiatique. Ce faisant, il condamne la capitalisation seul moyen connu de sauver les retraites. Dans ce tour de piste, il ne touche pas aux retraites scandaleuses des ministres et des élus.

Il promet une grande parlotte nationale à l’automne pour soi-disant résoudre le problème. De telles parlottes avec leurs coûts extravagants ont-elles jamais résolus des problèmes ? Sarko avait déjà convoqué une grande parlotte sur le sujet.

Les vraies solutions seront cachées sous le tapis. Nous aboutirons donc au replâtrage habituel : taper sur les pensions, sur les entreprises en majorant les cotisations et reculer sournoisement l’âge de départ. Le replâtrage s’accompagnera d’un ouragan de désinformation publique pour faire avaler la pilule

L’ensemble avec une forte odeur d’usine à gaz jouera sa partition dans la ruine du peuple français sous les coups de boutoir permanents du pouvoir en place.

LA RÉPARTITION

Le système est présenté comme généreux et il ne l’est pas. On prétend parfois que c’est un contrat intergénérationnel : les versements d’aujourd’hui reposent sur l’espoir de recevoir ultérieurement une pension, ce qui est un autre mensonge ; un contrat doit être débattu et signé avec des sanctions : ici aucune négociation mais seulement un coup de force, les assujettis étant conviés sans ménagement à payer. La répartition fut instituée brutalement au sortir de la Libération par un gouvernement proche du communisme. Elle ressemble étrangement au système Madoff ; les premiers gagnent beaucoup ; il me souvient que lors de la nationalisation des compagnies d’électricité les EDF eurent la divine surprise de voir leur future retraite faire un bond spectaculaire. Les derniers, comme chez Madoff, n’auront plus grand chose le système s’écroulant sur lui-même lentement et logiquement.

Entre temps et quand une des caisses a des problèmes les gouvernements ne se gênent pas pour aller piller une autre caisse ! Il y eut depuis quelques années de véritables « casses » au profit de certains mammouths publics du type RATP dont la caisse était en péril. ARRCO et AGIRC ont été priés sans ménagement et parfois dans le secret d’avaler les catastrophes. La gestion de la répartition enchante les partenaires sociaux qui y trouvent aussi bien du côté patronal que syndicaliste de fastueuses prébendes. Évoquer la gestion est un grand mot. L’argent arrive à grands flots grâce à la force publique. Il sort selon la bonne volonté des pouvoirs qui se succèdent soit dans la politique, soit chez les partenaires sociaux. Il est tributaire de la démographie. Le vrai drame d’aujourd’hui vient en partie de l’allongement de l’espérance de vie.

Venons-en à son défaut essentiel. Il ne crée pas de richesse. C’est de l’argent qui est dilapidé aussitôt que prélevé par une sorte de vases communicants. Pour payer les retraites, il faut et il suffit de créer de la richesse.

LA CAPITALISATION

A maints égards c’est le contraire de la répartition.

Elle repose sur des contrats librement débattus. Ce peut être des contrats individuels ou collectifs dans le cadre d’entreprises. Il est évidemment indispensable que les épargnes accumulées pour l’avenir bénéficient du même statut fiscal et social que les cotisations versées par force dans la répartition.

Dans le cas le plus général, il existe des gestionnaires pour gérer les épargnes. Aux épargnants de choisir les meilleurs qui soient adaptés à leurs objectifs. Une bonne organisation implique que chacun connaisse en permanence la valeur de son épargne compte tenu des bénéfices de la gestion.

La sortie est prévue contractuellement. Ce peut être une rente ou un capital à toucher immédiatement. Ce point est une supériorité considérable par rapport à la répartition. Des calculs précis on été réalisés sur l’enrichissement des épargnants dans le cadre de la capitalisation ; ces calculs reposent sur un rendement de 4 % ce qui est plutôt prudent ; ils montrent que les épargnants accumuleraient une richesse considérable sous forme de capital ou de rente.

La capitalisation crée de la richesse et de la sorte irrigue tout le corps social. La richesse ne repose jamais sur la consommation comme veut nous le faire croire la propagande officielle. Elle ne vient que du capital accru lequel est étroitement associé au travail. Les nombreux pays qui sont passés à la capitalisation ont constaté de fortes croissances du PIB.

Il y aura des objections. La principale est de risquer de tout perdre avec un mauvais gestionnaire. Il est sûr que la sagesse des nations recommande de ne pas mettre ses œufs dans le même panier. Il est recommandé aussi d’exiger du gestionnaire des règles prudentielles. Cela n’empêche certes pas les accidents mais dans la répartition la ruine est certaine et s’inscrit dans les faits.

LA TRANSITION

Plusieurs pays sont passés de la répartition à la capitalisation. Il faut gérer la transition sans nuire aux droits acquis des cotisants de la répartition. Le Chili y est parvenu avec un effet important sur le PIB. D’autres pays avec des méthodes adaptées à chaque cas l’ont aussi mené à bien.

MICHEL de PONCINS