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La Banque Publique Socialiste d’investissement…

Un œil sur l'

LA BPI OU L’EMPILAGE DES STRUCTURES

Le fonctionnement des bureaucraties repose sur plusieurs principes. D’abord, la défense de son territoire ce qui pousse à s’étendre le plus possible. S’ajoute l’empilage des structures. Le tristounet Jean-Marc Ayrault n’échappe pas à cette malédiction aggravée par la parité. Pour le moindre problème le voici condamné à des réunions interministérielles !

Cet empilage des structures est une activité favorite des gouvernements de toutes sortes, qu’ils soient de la fausse droite ou de la vraie gauche. Il offre l’avantage de faire croire que l’on travaille en haut lieu à la solution des problèmes. Accessoirement ou principalement, il permet de loger ses camarades en peine. Les PME forment à ce sujet un terrain de chasse privilégié pour les politiques ; malgré leur ignorance coutumière de l’économie ils ressentent bien que les PME sont au cœur de l’emploi et de la création de richesse.

Le projet de BANQUE PUBLIQUE D’INVESTISSEMENT (BPI) s’inscrit parfaitement dans ce scénario, il est donc sur les rails depuis le 18 octobre. Elle devrait soutenir les PME en panne de croissance. Ce sera un holding détenu à parité par l’État et la CDC ; il chapeautera à la fois le fonds stratégique d’investissement (FSI), CDC entreprises et OSEO. L’empilage est complet. La bataille pour la direction générale a été forte et il n’est pas sûr qu’elle soit terminée. Quel que soit l’élu il aura une ligne de téléphone ouverte pour recevoir des injonctions du pouvoir en vue de courir au secours de telle ou telle firme en danger.

La Caisse des Dépôts et Consignations est un mastodonte, véritable État dans l’État, elle reflète la volonté interventionniste des politiques dans tous les domaines. OSEO est un machin de moindre envergure, mais déjà imposant : 1000 collaborateurs et 37 directions régionales ! La future BPI va devenir un nouveau dinosaure dont la lourdeur s’ajoutera à celle des autres.

Les PME, prétendument à soutenir, doivent être promises à la croissance, à l’innovation, aux capacités exportatrices et à d’autres critères imprécis : la BPI va donc se livrer à un travail de banquier, qui se fera sur la base de critères théorique, comme dans toute action étatique, et non pas sur la base des critères habituels aux banquiers. Il y aura une forte implication régionale ce qui ouvre la porte à toutes les intrigues : 21 présidents de région seront là pour distribuer souvent des subventions cachées. Il nous est promis que la BCI n’aidera pas de canards boiteux ! Voire…. Finalement, les entreprises qui subiront les coûts et les délais des dossiers, seront celles qui n’auront pas trouvé chez leurs banquiers ou leurs conseils des solutions à leurs projets : auront-elles une vocation à être des canards boiteux ? L’interrogation est terrible.

Une autre malformation congénitale est à signaler. La BPI pourra être à la fois actionnaire et prêteuse : c’est un mélange des genres très dangereux pour une banque.

Les effets inévitables risquent d’être destructifs. Du côté de la puissance publique les coûts de l’immense machinerie vont être gigantesques. La bataille entre organismes concurrents sera sans pitié. Les délais d’examen des dossiers se surajouteront les uns aux autres. L’implication des régions sera un foyer de complication. Des bureaux devront imaginer les détails du parcours du combattant que devront parcourir les candidats.

LA PYRAMIDE DES AIDES

La BPI est la dernière en date des structures d’aides aux entreprises. Elle se superposera à une pyramide impressionnante.

Le coût total de ces aides s’élève à plus de 65 milliards, soit 4 % du PIB et davantage que le budget de l’éducation nationale. C’est, grosso modo, l’équivalent de l’impôt sur les sociétés. Pas moins de 6 000 dispositifs existent. Parmi les 6000, se trouvent 22 aides européennes, 730 aides nationales et 650 aides provenant des collectivités locales. Ces chiffres sont évidement très incertains et mouvants, car dans une forêt vierge personne n’y voit vraiment goutte.

En plus, ils doivent être fortement majorés car ils se limitent aux montants des aides elles-mêmes. Le coût total pour l’économie nationale doit tenir compte des dépenses déclenchées à la fois dans le public et dans le privé pour la gestion de ce vrai délire bureaucratique. Dans le public, il faut compter avec les innombrables services qui, tant au niveau étatique qu’au niveau régional, départemental et municipal, s’occupent de ces aides. Plusieurs ministères s’y consacrent activement.

Pour ce qui concerne les dépenses privées, il y a lieu d’enregistrer les heures interminables consacrées par les entreprises à l’analyse de ce maquis avec quelquefois des services complets et des directions importantes au sein des grandes sociétés. Ne pas oublier non plus les organisations patronales dont une grande partie des services contribuent à ce maquis. Les 65 milliards ci-dessus doivent donc, pour une analyse honnête être affectés d’un coefficient de majoration inconnu mais certainement très élevé.

QUE FAIRE POUR LES PME ?

Les PME, vraies créatrices de richesse souffrent sous la férule de plusieurs ministères : une simplification serait bienvenue car elles ont un besoin criant de liberté. Une suppression massive d’aides aux entreprises est nécessaire, ce qui conduira à gérer le solde. Les impôts abolis en conséquence seront un bol d’air frais déclenchant à son tour un cercle vertueux.

Un jour il faudra parler de la CDC. La vente par appartements de ce monstre permettrait de rembourser un paquet de dettes créées par les pouvoirs successifs et de supprimer des impôts en conséquence.

Ronald Reagan déclara un jour : « Les mots les plus terrifiants dans la langue anglaise sont : je suis le gouvernement et je suis là pour vous aider »

MICHEL de PONCINS