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Intervention télévisée du Président, les critiques.

Alors que William Cardspeare a fait une critique plutôt flatteuse d’au « Théâtre ce soir » avec dans le rôle principal Nicolas Sarkozy, secondé par Claire Chazal, Michel Denisot et David Pujadas, certains critiques n’ont trouvé rien de bon dans la prestation de la vedette.

Ci-dessous un condensé de critiques professionnels, et pas au-dessus de tous soupçons d’intérêts particuliers.

Dominique de Villepin, ancien Premier ministre: « Ce que nous voyons, c’est le pouvoir politique coupé des Français mais également une coupure qui s’accroît entre les Français.
Il y a toujours un certain nombre de mesures, et Nicolas Sarkozy a effeuillé la marguerite politique. Mais est-cela dont la France a besoin? Il faut retrouver le chemin de la justice sociale et l’autorité de l’Etat ». (Déclaration sur France 2)

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République: « L’intervention télévisuelle du président a été une succession de scénettes de communication: lieux communs et postures électoralistes à la chaîne. Comme toujours lorsqu’il est sur la défensive, sa stratégie est la même: plus c’est gros et plus ça passe. Mais la corde est usée, archi-usée! En fait, Nicolas Sarkozy n’a toujours pas compris le rôle d’un président de la République. Il n’a ni vision pour la France, ni cohérence dans l’action ». (Communiqué)

Martine Aubry, première secrétaire du PS: « J’ai entendu un président de la République hésitant, je dirais déboussolé qui donne l’impression de ne pas savoir où il va. J’ai entendu un président qui a l’air de ne pas comprendre le pays, et surtout paraît extrêmement éloigné des difficultés des Français. Rien ne va. Il l’a dit d’ailleurs lui-même à plusieurs reprises, mais pourtant, il ne change rien. Dimanche, il a annoncé qu’il gardait le même Premier ministre et ce soir qu’il annonce qu’il va continuer la même politique. « On attendait un cap après ce remaniement, on n’a rien eu ». (Déclaration au siège du PS à Paris)

Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à la présidentielle: « Les Français, ce soir, vont avoir de nouvelles raisons d’être en colère et même dégoûtés. Le président s’est montré inconscient de la gravité de la situation économique, sociale et morale en France. J’ai trouvé un président affaibli par ses échecs, et enfin, j’ai trouvé un président qui était discrédité par ses mensonges. Le plus gros mensonge, c’est quand il nous dit qu’il n’a pas pris sa décision pour 2012, alors que tous les ministres nous disent le contraire depuis la formation du gouvernement Fillon ». (Déclaration sur France 2)

Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France, repris de justice: « Nicolas Sarkozy n’a apporté aucune réponse ce soir aux difficultés quotidiennes des Français. Rien sur l’emploi, rien sur le pouvoir d’achat, rien sur l’éducation et la formation, rien sur les transports. Dans cette intervention sans souffle, le chef de l’Etat a passé son temps à justifier une politique qui a échoué ». (Communiqué)

Mouvement des Jeunes socialistes: « Ignorer la jeunesse, stigmatiser les étrangers, accuser toujours les journalistes, dénoncer les minarets, le Président Sarkozy s’est engagé à plein dans un gouvernement d’ouverture à toutes les idées du Front National ». (Communiqué)

François Bayrou, président du MoDem: « Nicolas Sarkozy a beaucoup parlé de lui, une forme de justification, et d’autoanalyse. Il a beaucoup parlé du passé, a beaucoup regardé ce qu’il avait fait depuis des années mais il a très peu parlé des Français et des difficultés qu’ils rencontrent. Il n’y a pas eu une stratégie crédible pour remettre de la production en France ». (Déclaration sur France 2)

Marine Le Pen, vice-présidente du Front national: « Ce soir le sarkozysme est mort et c’est la grande victoire du chiraquisme (…) Aucune grande vision, aucune solution, comme si Nicolas Sarkozy était vaincu, en quelque sorte, vaincu parce que soumis à la mondialisation à laquelle il veut adapter la France. M. Sarkozy a compris que cette arrogance qui était sa marque de fabrique agaçait les Français, alors il nous fait un exercice de modestie imposée en quelque sorte ». (Déclaration en duplex sur France 2).

Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts: « On a eu l’impression d’assister au spectacle de la politique mais le problème c’est pas juste de faire de la communication, on n’est pas au cinéma de la politique. Le vrai sujet c’est aujourd’hui qu’il y a quasiment 15% des habitants de ce pays et essentiellement des personnes âgées qui cet hiver n’auront pas les moyens de se chauffer ». (Déclaration sur France 2).

Yves Cochet, député Verts de Paris: « Je suis déçu à la fois du style et de l’intervention du président. Il n’a pas montré de hauteur de vue, et il a été très peu question d’écologie. Il a fait essentiellement appel à la religion de la croissance et à la baisse du chômage, or tous ses calculs vont hélas s’effrondrer. Il ne se rend pas compte de l’état du monde ». (Déclaration sur i-Télé)

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA: « Il vit dans une bulle. C’était un discours très autocentré et sur la défensive. Les préoccupations concrètes de millions de personnes n’ont pas été évoquées alors qu’il défend Eric Woerth, Mme Bettencourt et ceux qui payent l’impôt sur les grandes fortunes. On peut lui décerner la palme de l’humour quand il parle d’un gouvernement de combat contre le chômage en se vantant d’avoir supprimer 130.000 emplois dans les services publics, allez chercher l’erreur! »(Déclaration à l’AFP)

Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche: « Nicolas Sarkozy a cherché à cacher ses griffes, ce qui a donné un long bavardage souvent confus. Il est lamentable que chaque fois qu’il évoque un aspect antisocial de sa politique, il puisse se réclamer de Dominique Strauss-Kahn ou de l’exemple d’un gouvernement social-démocrate quelque part en Europe. La politique d’austérité et d’appauvrissement de l’Etat est confirmée: pas d’augmentation des recettes fiscales mais diminution des dépenses publiques. Du FMI expressis verbis, comme dirait le président ». (Communiqué)

Jean-Michel Baylet, président du PRG: « Un exercice d’autosatisfaction enrobé de fausse modestie au lendemain d’une réforme des retraites brutale et d’un remaniement raté. Les réformes annoncées pour la deuxième partie de son quinquennat vont encore dans le sens d’une plus grande libéralisation et d’un nouveau recul des services publics » (communiqué).

Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière: « Mouvements de menton, contentement de soi, et toujours la même politique. Malgré des talents de bateleur de foire et une heure et demie passée à la télévision, Sarkozy n’aura pas réussi à convaincre que la version n°2 du gouvernement Sarkozy-Fillon sera meilleure que la version n°1 ». (Communiqué)