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Gérald Dahan viré par Philippe Val, comme les autres

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Après son départ de France inter, l’humoriste Gérald Dahan ne cache pas son amertume. « On m’avait dit que ma chronique commençait à prendre chez les auditeurs. Mais hier, on m’a annoncé que j’étais convoqué dans le bureau de Philippe Val. Compte tenu de la chronique que j’avais faite le matin sur Michèle Alliot-Marie, j’ai tout de suite pensé à un recadrage, mais je ne m’attendais pas à être remercié… Je suis un peu tombé des nues. ».
Il faut reconnaître que Gérald Dahan n’est pas drôle, et particulièrement ce jour là, se contentant d’imiter Timsit et d’insulter Michèle Alliot-Marie en sa présence.
A la limite, ce genre de chronique pouvait passer sans la présence de la ministre, mais dans cette situation, que faire pour Michèle Alliot-Marie, sinon répliquer par une injure bien sentie, s’en aller, ou déplorer auprès de la direction de la chaine cet accueil de malotru.
Philippe Val a donc licencié Gérald Dahan, mais c’est une habitude pour cet opportuniste de la communication.
Philippe Val est un esprit simple, sans bagage intellectuel, il a erré durant des années dans le monde des café-spectacle, cabarets se cherchant une voie entre la musique et l’humour. Il a fini par choisir l’opportunisme politique, bien plus enrichissante.
Philippe Val ne veut pas déplaire au pouvoir en place, et le 15 juillet 2008 il licencie de l’hebdomadaire le caricaturiste Siné, qu’il accuse d’avoir tenu des propos antisémites sur Jean Sarkozy dans les pages de Charlie Hebdo deux semaines plus tôt. Le 2 juillet, Siné, écrit à propos du fils Sarkozy : «Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée juive et héritière des fondateurs Darty.» Il ajoute cette phrase : «Il fera du chemin dans la vie, ce petit !».
Philippe Val avance alors, pour justifier sa décision, la menace d’un procès de la famille Darty, et qu’il a, avant tout cherché à éviter à tout prix une éventuelle condamnation du journal pour antisémitisme. L’avocate Gisèle Halimi, pour sa part, dénonce ce dernier argument comme étant de mauvaise foi, car elle estime qu’un procès de ce genre aurait facilement été gagné par l’hebdomadaire. Ce licenciement, intervenant trois semaines après une polémique entre Siné, Polac et Val au sujet de l’affaire Clearstream et du journaliste Denis Robert (qui avait reproché à Charlie Hebdo son traitement de l’affaire Clearstream, ) occasionne de vives protestations de nombre de personnalités d’horizons très variés comme les dessinateurs Plantu, Philippe Geluck, Jihel, Willem, Vuillemin ou Tignous remettant en cause Philippe Val au-delà de sa décision. Visiblement, depuis quelques temps, Clearstream, Sarkozy, Darty sont intouchables pour Philippe Val, on ne se demandera pas trop longtemps pourquoi.
Siné accuse Val de l’avoir viré non pas pour cette chronique (qui ne serait selon lui qu’un prétexte), mais en raison de leur désaccord au sujet de l’affaire Clearstream et du journaliste Denis Robert . Des personnalités historiques du journal, anciens collaborateurs ou qui avaient pris part à sa refondation en 1992, telles Gisèle Halimi ou Delfeil de Ton, parlent de procès en sorcellerie ou de calomnie .
De son côté, Philippe Val reçoit le soutien éditorialistes du Figaro de Bernard-Henri Lévy ou de la ministre Christine Albanel …
Par ailleurs, Philippe Val a été accusé d’actes de censure, par exemple lorsque le dessinateur Lefred-Thouron démissionne de Charlie-Hebdo après un dessin refusé sur l’« affaire Font » impliquant Patrick Font dans une affaire de pédophilie.
En 2000, un article d’Olivier Cyran est retouché. Celui-ci relate un dialogue entre le réalisateur Pierre Carles et le groupe Zebda et un passage dans lequel une critique contre le journal est supprimée.
Plus récemment, le journaliste d’investigation Denis Robert a accusé Philippe Val d’interdire la parution dans Charlie Hebdo de tout article mettant en cause la multinationale Clearstream, dont l’un des avocats, Richard Malka, est également celui de l’hebdomadaire.
Dans son éditorial du 25 juin 2008, Philippe Val a vigoureusement démenti cette affirmation, déclarant que ni lui ni a fortiori Richard Malka n’avaient jamais exercé de pression dans ce sens, et attaquant Denis Robert en retour, l’accusant de mener contre Clearstream une enquête à charge dépourvue de preuves.
La semaine suivante, Michel Polac et Siné se désolidarisent de leur patron dans les colonnes du journal au sujet de la contre-attaque visant Denis Robert qui affirme qu’il existe une censure à Charlie Hebdo concernant Clearstream.
Deux heures après sa nomination à France Inter, il renvoie Frédéric Pommier qui faisait chaque matin la revue de presse. La raison officielle serait une mauvaise hiérarchisation de l’information. Mais d’après Télérama, Arrêt sur image, et quelques autres médias dont Libération qui tiennent leurs sources de l’intersyndicale des journalistes de France Inter, Philippe Val n’aurait pas apprécié que Frédéric Pommier cite Siné Hebdo dans sa revue de presse.
Philippe Val licencie le 23 juin 2010 les humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte de France inter; il est accusé de collusion avec la présidence de la république.
La notoriété médiatique de Philippe Val soigneusement développée ces dernières années, ainsi que ces nouvelles fréquentations auraient pu faire dire de lui par Siné : « il fera du chemin dans la vie, ce petit»
Philippe Val déclarait en 2001 à propos d’Internet: » Internet est un lieu pour des tarés, des maniaques, des fanatiques, des mégalomanes, des paranoïaques, des nazis, des délateurs qui trouvent là un moyen de diffuser mondialement leurs délires, ou leur haine, ou leurs obsessions ». Il a confondu Internet avec son journal….