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Haïti, de Napoléon au Séisme en passant par l’Amérique

Le séisme de janvier 2010 est une catastrophe pour les Haïtiens, qui ne fait que parachever deux siècles de misère.

Napoléon en Haïti est comme pour la Corse, il pas un grand homme mais un dictateur français. Le grand homme Corse pour le Monde entier, c’est Pascal Paoli, et c’est bien Napoléon Bonaparte qui fit la guerre aux corses pour tuer son indépendance, scénario copié par Hitler pour l’Autriche, (Hitler était autrichien).

La Révolution française entraîna de graves bouleversements sociaux dans les petites Antilles comme à Saint-Domingue. Le plus important fut la révolte des esclaves qui aboutit en 1793 à l’abolition de l’esclavage par les commissaires civils Sonthonax et Polverel.

Toussaint Louverture, nommé gouverneur par la France, après avoir rétabli la paix, chassé les Espagnols et les Anglais qui menaçaient la colonie, rétablit la prospérité par des mesures audacieuses. Il alla cependant trop loin en promulguant une constitution autonomiste et Napoléon Bonaparte (encore lui), envoya une expédition de 30 000 hommes sous les ordres de son beau-frère le général Leclerc. Il avait pour mission de démettre Toussaint Louverture.

Mais, après quelques victoires, l’arrestation et la déportation de Toussaint Louverture, les troupes françaises commandées par Rochambeau finirent par être battues à la bataille de Vertières par Jean-Jacques Dessalines.

Au terme d’une double bataille pour la liberté et l’indépendance, remportée par d’anciens esclaves sur les troupes de Napoléon Bonaparte, l’indépendance du pays fut proclamée le 1er janvier 1804. Le nom de Haïti fut donné au pays.

Dessalines se fit proclamer gouverneur à vie par ses troupes. Il fit exécuter les blancs restés sur l’île et gouverna en despote. Il fut assassiné le 17 octobre 1806. Le pays se partagea alors entre le royaume d’Haïti au nord, dirigé par Henri Christophe et une république au sud, dirigée par Alexandre Pétion.

Puis le président Jean Pierre Boyer fit réunifier ces deux parties et conquit la partie est de l’île en 1822.

Le président Pétion va initier des négociations pour la reconnaissance d’Haïti en 1814. Elles durent jusqu’en 1824. Le 11 juillet 1825, le roi de France Charles X promulgue une ordonnance qui reconnaît l’indépendance du pays contre une indemnité de 150 millions de francs-or (la somme sera ramenée en 1838 à 90 millions de francs)… Le racket gouvernementale existait déjà, Eric Woerth n’a rien inventé.

Le 27 février 1844, malgré les attaques incessantes de la part des Haïtiens, la République dominicaine est de nouveau déclarée indépendante.

Une longue succession de coups d’État suivit le départ de Jean Pierre Boyer. Le pouvoir ne cessa d’être contesté par des factions de l’armée, les élites mulâtre et noire, et la classe marchande, maintenant composée d’un grand nombre d’étrangers (Allemands, Américains, Français et Anglais). Le pays s’appauvrit, peu de ses chefs d’État se préoccupant de son développement. Dès que le pouvoir se fragilisait, des révoltes armées se déclenchaient, entretenues par les candidats à la succession.

En 1847, Faustin Soulouque est élu président de la République mais il transforma son pays en empire d’Haïti en le 25 août 1849 et devint Faustin Ier. Despote, il dut fuir suite à un soulèvement populaire en 1859. Napoléon lui avait donné des idées.

Au début du xxe siècle, le pays est en état d’insurrection quasi-permanente qui conduit à l’invasion de l’île par les troupes du président Wilson en 1915. Les États-Unis occupèrent l’île de 1915 à 1934. Après le départ des américains, l’instabilité politique entre militaire et populistes reprend, et ne s’achève qu’à partir de 1957 avec la dictature de la famille Duvalier jusqu’en 1986. Partisan de la lutte contre les mulâtres, il appuie son pouvoir personnel sur la délation et des partisans surnommés tontons macoutes, escadrons de la mort. De nombreux Haïtiens s’exilèrent, notamment aux États-Unis et au Canada. Après avoir fait face à plusieurs coups d’état, son fils est chassé par une insurrection populaire en 1986, et vient s’installer près de Nice, invité par la France, et ce n’est pas une blague.

L’ancien prêtre Jean-Bertrand Aristide remporte les élections de décembre 1990. Son mandat débute le 7 février 1991, mais un coup d’État mené par Raoul Cédras et des militaires (soutenus par la bourgeoisie d’affaires et par les Etats-Unis) le renverse dès le mois de septembre. Aristide s’exile aux Etats-Unis. Pendant trois ans les milices soutenues par les Etats-Unis « nettoient » la population en intimidant et en assassinant les leaders syndicaux et responsables locaux qui avaient constitué la base de la résistance aux Duvalier et l’appui à l’élection d’Aristide. La plus importante de ces forces paramilitaires, le FRAPH, avait été fondé par l’agent local de la CIA Emmanuel Constant.

En 1994, Aristide est rétabli au pouvoir sous la pression de l’administration de Bill Clinton à la condition qu’il renonçât à récupérer les années perdues lors de l’intermède militaire et qu’il se pliât à un programme libéral, surnommé « plan de la mort » par les haïtiens. Il s’agissait du programme de son opposant lors des élections de 1990, un ancien fonctionnaire de la Banque mondiale qui avait recueilli 14% des voix.

Aristide quitte la présidence en 1995 et René Préval lui succède. Malgré son appartenance à Lavalas, le parti d’Aristide, il n’est soutenu que du bout des lèvres par l’ancien président. Il applique immédiatement le plan américain, ce qui provoque un véritable tollé dans l’île.

Aristide est réélu en 2000. Il est contraint de se plier aux exigences américaines, mais il le fait avec résistance. Il durcit son pouvoir, qui devient de plus en plus autoritaire. Après plusieurs mois de manifestations populaires et de pressions exercées par la communauté internationale, plus particulièrement par la France et les États-Unis, Aristide est emmené en exil par des militaires des États-Unis, le 29 février 2004, lorsque des forces armées constituées d’opposants et d’anciens militaires qui contrôlaient le nord du pays menacent de marcher sur la capitale Port-au-Prince. Boniface Alexandre, président de la Cour de cassation, assure ensuite le pouvoir par intérim.

En février 2006, suite à des élections marquées par des incertitudes sur le décompte des bulletins de vote, et grâce à l’appui de manifestations populaires, René Préval est élu.

Haïti, de 2006 à 2010 ce n’est toujours pas le bonheur quand survient le séisme.