Press "Enter" to skip to content

Chirac, Bayrou, la France Bananière va son chemin…

Jacques Chirac connaîtra cette semaine la décision du juge d’instruction sur son éventuel renvoi devant un tribunal pour détournement de fonds.

La juge d’instruction Xavière Simeoni doit rendre son ordonnance avant le 30 octobre, (Reuters)
date à laquelle elle quittera, à sa demande, son poste de juge d’instruction financier pour d’autres fonctions.

La magistrate a mis en examen l’ancien président de la République pour
« détournement de fonds publics » après son départ de l’Elysée en novembre 2007.

Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, a requis fin septembre un non-lieu au profit de Jacques Chirac mais aussi pour les autres mis en examen, au nombre d’une quarantaine.

Les institutions de la république bananière fonctionnent à merveille…

L’enquête vise au total 35 emplois présumés fictifs de « chargés de mission » à la mairie de la capitale, que Jacques Chirac a dirigée de 1977 à 1995.
Figurent notamment quatre anciens directeurs de cabinet de Jacques Chirac lorsqu’il était maire de Paris entre 1977 et 1995 – Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin et Rémy Chardon -, l’ex-directeur de cabinet de Jean Tiberi (maire de 1995 à 2001) et des bénéficiaires d’emplois présumés fictifs.
On trouve entre-autre Jean de Gaulle, petit-fils du fondateur de la Ve République, un frère de Jean-Louis Debré, actuel président du Conseil constitutionnel, la femme de l’ancien ministre des Affaires étrangères Hervé de Charette, ou encore des élus chiraquiens de Corrèze.

Jacques Chirac ayant bénéficié pendant ses mandats de président de 1995 à 2007 de l’immunité pénale du chef de l’Etat, les faits sont aujourd’hui anciens, presque 20 ans pour certains d’entre eux.
CE QUI NE LES EXCUSE PAS.

Le procureur a soutenu qu’ils étaient prescrits pour la plupart (FAUX) et que sur le reste, la culpabilité de Jacques Chirac ne pouvait être évoquée.(FAUX ET POUR PREUVE)

La prescription avait été écartée en cours d’instruction, en 2007, par la Cour de cassation, la plus haute juridiction française.

La juge Simeoni n’est pas obligée de suivre l’analyse, mais si elle retient tous les faits, notamment ceux de « faux en écriture publique par personne dépositaire de l’autorité », c’est la cour d’assises qu’elle doit saisir, une option peu probable.
Un éventuel renvoi sera donc sans doute prononcé devant le tribunal correctionnel, sur une petite partie des faits seulement. Si la juge Simeoni choisit cette option, le parquet devrait faire appel, renvoyant la décision finale à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, avec un délai supplémentaire d’environ un an.

C’EST A DIRE COMME D’HABITUDE, ETOUFFER L’AFFAIRE.

Politiquement, le dossier semble plutôt embarrasser les différentes forces politiques, l’ancien chef de l’Etat, âgé de 76 ans, ayant quitté la vie publique pour se consacrer à une fondation et à la rédaction de ses mémoires.
Il ne faudrait pas troubler l’ancien président durant cette œuvre côlossale !

Dans ses procès-verbaux d’interrogatoire par la juge Simeoni, Jacques Chirac niait toute malversation, affirmait ne pas se souvenir de certains cas mais admettait aussi que certaines personnes avaient été salariées par la Ville de Paris sans y travailler pour faciliter l’exercice de tous ses mandats.
Cette affaire est une des nombreuses ayant fait état de corruption ou de fraude électorale à la mairie de Paris sous Jacques Chirac.

François Bayrou, président du Modem, a estimé dimanche qu’il fallait laisser en paix l’ancien chef de l’Etat. « Je trouve que si longtemps après, ça n’a pas de sens. L’anomalie française est que la justice ne passe pas en temps et en heure », a-t-il dit sur Europe 1.