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Plus con que Patrick sebastien, Daniel Psenny

Le journal « Le Monde » est le nouveau France Dimanche, Ici Paris, et nous fais connaître celui que l’on connaît malheureusement trop bien, Patrick Sebastien.

En effet, un personnage passionnant, chantant des chansons magnifiques, d’une vulgarité populaire, bref une icône de la télévision française.

Donc, ce journaliste du Monde déclare vouloir faire le portrait de Patrick Sebastien qui sans jouer les modestes demande: » pourquoi moi? »
Et le semillant Daniel Psenny de répondre: « pourquoi pas? »

On est scié!

Une question nous vient tout de suite à l’esprit,
le journal « Le Monde » paie-t-il ce gugus ou est-ce le mode de fonctionnement Agoravox?

Afin de pas paraître sectaire, nous reproduisons intégralement ce chef d’œuvre d’information, cette œuvre littéraire puisque « Le Monde » l’a inséré dans la rubrique « Culture »…

En effet, les dernières œuvres en chanson de Patrick Sébastien, (boire un bon coup, On se la fout dans le trou, Pétons tous en chanson etc) méritent de figurer au patrimoine national.

« Le Monde »
Culture.

Avec l’animateur producteur, le tutoiement est de rigueur. « Pourquoi tu veux faire un portrait de moi dans Le Monde ? », demande-t-il intrigué. « Pourquoi pas ? », lui rétorque- t-on en évoquant son dernier livre, Tu m’appelles en arrivant ? (éd. Florent Massot), dans lequel il raconte au jour le jour l’agonie et la mort de sa mère. Il sourit comme un vieux maquignon. Avec lui, pas besoin de déclaration sur l’honneur ni de contrat de confiance. On « tope là » dans la main comme sur le marché de Brive-la-Gaillarde dont il est originaire.

« J’ai toujours fonctionné à la parole donnée et j’ai eu souvent tort », dit-il. Il y a quelques années, il raconte avoir failli « foutre sur la gueule » de Patrick Le Lay, l’ex-PDG de TF1, qui n’avait pas tenu sa parole pour subventionner l’équipe de rugby de Brive.

Le cheveu gris coupé court, une guitare Gipsy en or autour du cou sur une chemise largement ouverte, la voix éraillée par la cigarette et la voiture de sport garée devant le restaurant, Patrick Sébastien est tout à son image publique. « Ça m’arrange de cultiver mon côté beauf, ça me va bien », dit-il en forme de provocation. Mais, au fil de la conversation, la carapace craque.

Derrière la déconnade potache et la beauferie revendiquée, on découvre un type couvert de blessures, parfois profondes, un agnostique hanté par le temps qui passe et nostalgique d’une certaine France. Celle des années 1960, du général de Gaulle, de Georges Pompidou et surtout de Jacques Chirac – « un ami, un humaniste », dit-il – version député de Corrèze les pieds dans la bouse avec qui « les petites gens » font rimer solidarité avec générosité.

D’ailleurs, le musée imaginaire de Patrick Sébastien pourrait être le café de sa mère Dédée, dans le Lot. Debout derrière son comptoir en Madame Rosa, elle servirait des coups à Frédéric Dard, Jean Gabin, Michel Audiard, René Fallet et Antoine Blondin. Serge Gainsbourg partagerait un « 102 » (un double Pastis 51) avec Philippe Léotard, et Coluche fumerait un pétard. Près du poêle, Georges Brassens chanterait L’Hécatombe. Le tout serait filmé en noir et blanc par Gilles Grangier. « J’ai besoin d’humanité », explique Patrick Sébastien en déroulant une vie pleine de bosses, de tumultes et d’excès.

Elevé par sa mère seule, Patrick Sébastien (de son vrai nom Patrick Boutot) ne connaît toujours pas à 56 ans l’identité de son géniteur. Est-ce le boucher du village de Juillac, en Corrèze, où il a passé toute son enfance ? Un homme marié qui n’a pas voulu le reconnaître par crainte du scandale ? Est-il l’enfant d’un viol collectif ? Jusqu’à sa mort, Dédée ne lui a jamais avoué. Il a sa petite idée, mais désormais « il s’en fout », depuis que sa mère est partie. Une mère ouvrière qui lui a appris à être « droit », « juste » et « tolérant » même quand on le traitait de bâtard dans la cour de récréation.

« On était pauvres mais heureux. Elle a balisé toute ma vie et, sans elle, je n’en serais pas là », reconnaît Patrick Sébastien, qui, à l’âge de 17 ans, en 1970, est devenu père d’un garçon prénommé Sébastien, dont il fera plus tard son nom de scène. Dédée s’occupe du gamin lorsque Patrick Sébastien entre à la faculté de lettres de Limoges, joue au rugby et court surtout après les filles. Elle est présente partout, elle sait tout de lui.  » Tu m’appelles quand tu arrives ? », lui répétait-elle chaque jour. Parmi des dizaines d’histoires, parfois incroyables, il raconte comment, un jour, elle avait discrètement chargé un ami, grande figure du banditisme, de lui donner une leçon alors que son fils, la gloire aidant, croyait être devenu le maître de Pigalle et des boîtes échangistes.

En 1988, c’est elle qui l’a appelé pour lui annoncer la mort de son fils Sébastien. Après le spectacle de son père pour qui il réglait les lumières, il s’est tué à moto à la sortie d’un virage. Il n’avait que 17 ans. Depuis, Patrick Sébastien chiale son désespoir en privé. En public, il explique dans une pirouette : « Il a imité Coluche beaucoup mieux que moi . » Aujourd’hui, il dit : « Après avoir vécu ça, je suis un mort-vivant. » « Pour lui, l’humour est la politesse du désespoir », dit Guy Bedos qui, malgré des différences certaines, affectionne « ce garçon paradoxal, sincère et chaleureux ».

C’est dans les années 1970, chez Guy Lux, que Patrick Sébastien accède à la notoriété après avoir écumé les cabarets parisiens pour des cachets minables. Tout s’enchaîne ensuite très vite. Les spectacles, les tournées, les émissions de télévision sur TF1, La Cinq (avec un pont d’or offert par Silvio Berlusconi), France 2. Partout, il fait exploser l’Audimat avec « Farandole », « Carnaval », « Sébastien, c’est fou », « Super nana », « Fiesta ». Les politiques viennent y pousser la chansonnette. François Léotard chante L’Ajaccienne, Lionel Jospin massacre Les Feuilles mortes et Jacques Chirac parle avec son double.

C’est le début de la politique spectacle. Il y lance aussi quelques inconnus qui deviendront célèbres comme Dany Boon et Albert Dupontel et rassemble son public avec des chansons comme Tourner les serviettes, La Fiesta ou Ah, si tu pouvais fermer ta gueule… qui ne passent jamais sur les radios mais font un tabac à la fin des banquets. Il connaît surtout le triomphe en 1992 avec « Le grand bluff », qui bat le record d’audience de l’époque avec 17,5 millions de téléspectateurs.

Une trajectoire impeccable qui déraille un soir de septembre 1995 avec le fameux « Osons ! » sur TF1. Ce jour-là, devant des millions de téléspectateurs, il chante Ce soir, j’ai envie de casser du Noir grimé en Jean-Marie Le Pen. Un humour au second degré qui passe mal à la télévision. Ce qui se voulait une dénonciation est compris comme de la complaisance. C’est l’hallali médiatique. Quelques mois plus tard, il est condamné pour « provocation à la haine raciale ». Insupportable. Il décide alors d’arrêter la télévision. Une nuit, le pistolet sur la tempe, il n’arrive pas à appuyer sur la gâchette. « Ma mère ne l’aurait pas supporté », dit-il. Il ajoute : « Le racisme est pour moi inenvisageable. »

Revenu en 1998 sur France 2 avec « Le plus grand cabaret du monde », il fait désormais les bonnes audiences de la chaîne publique le samedi soir. « C’est ma Piste aux étoiles en couleurs, rigole-t-il. Mais je n’ai plus besoin de la télé. Je continue pour mes potes, ma famille, le public. » Reste l’épisode « Osons ! », qui continue à la hanter. Encore aujourd’hui, il est persuadé d’avoir été victime d’une cabale venue du clan Sarkozy, qui soutenait Edouard Balladur, pour être resté fidèle à Chirac lors de la bataille présidentielle de 1995.

Depuis, il s’est rangé dans le camp des « Tout sauf Sarkozy » et appelle « à la résistance contre les abus de pouvoir de la droite ». Sébastien à gauche ? « Tu rigoles ! », répond-il en faisant l’éloge de François Bayrou. Puis il ajoute, cette fois, sans rire : « Nos silences sont coupables. »

FIN DE L’ARTICLE ET C’EST DOMMAGE.