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Le Parlement Européen au travail

Un article dans le point qu’il n’est nul besoin de remanier pour prouver s’il en était besoin que les politiques ne servent à rien, les européens compris.

Il fait un temps exécrable à Strasbourg ce 14 juillet : ciel gris, vent, pluie. C’est pourtant plein d’entrain que les députés européens, élus ou reconduits en juin dernier, rejoignent l’hémicycle, coeur de l’imposant bâtiment Louise Weiss.

La rentrée est à 10 heures et, sur les 736 élus, peu manquent à l’appel de cette session plénière constitutive qui s’achèvera jeudi.

À l’ordre du jour : l’élection du nouveau président du Parlement européen. Scrutateurs tirés au sort, discours des deux candidats – le conservateur polonais Jerzy Buzek et la féministe écologiste suédoise Eva-Britt Svensson -, vote à bulletin secret… anciens et nouveaux se prêtent de bonne grâce au jeu d’un scrutin dont l’issue fait peu de doutes.

Dans l’immense hémicycle, chacun profite de l’instant pour prendre ses marques. Rachida Dati, arrivée un peu en retard, pianote inlassablement sur son BlackBerry. À quelques sièges de là, l’ancien journaliste Jean-Marie Cavada enchaîne les poignées de main. Au même moment, un autre eurodéputé UMP, le ministre de l’Agriculture sortant Michel Barnier, prend des notes. Les socialistes Kader Arif et Stéphane Le Foll, habitués des lieux, s’installent à côté de la star du 7 juin, Daniel Cohn-Bendit.

Ambiance bon enfant. À l’extrême droite, l’image est autrement savoureuse : les frontistes Marine Le Pen et Bruno Gollnisch entourent leur président Jean-Marie Le Pen, en attendant la guerre de succession qu’ils se livreront en 2010…

Vacances

Tout ce petit monde prend la direction du bar des parlementaires à la suspension de séance. Le trio Arif-Le Foll-Cohn-Bendit est rejoint par José Bové, qui savourait, la veille au soir, son arrivée au Parlement en fumant sa pipe dans la cour principale.

Kader Arif admet qu’il y a « beaucoup de monde » parce que c’est la rentrée. À la sonnerie, retour dans l’hémicycle pour le verdict des urnes. Sans surprise, Jerzy Buzek l’emporte triomphalement (555 voix), aidé par l’accord technique trouvé la semaine dernière par son groupe, le Parti populaire européen (PPE), et l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (ASPD) pour se répartir le poste (le socialiste allemand Martin Schultz devrait lui succéder dans deux ans et demi). Le nouveau président affirme que sa victoire représente un « énorme défi », avant de rendre un hommage appuyé à son prédécesseur, l’Allemand Hans-Gert Pöttering. Il rappelle également que ce jour est « fête nationale en France ». Un minimum pour bon nombre d’élus français qui avouent « n’avoir toujours pas compris le choix de cette date » pour la rentrée.

Le président sortant de la commission José Manuel Barroso prend ensuite la parole pour féliciter le vainqueur. C’est le moment que choisissent la socialiste française Pervenche Berès et les Verts Yannick Jadot et José Bové pour arborer leur tee-shirt « Stop Barroso ». Mais les eurodéputés devront patienter avant de se prononcer sur la reconduction du Portugais. Le vote devrait être inscrit à l’ordre du jour de la session du 14 septembre. D’ici là, et dès jeudi soir, les néo-eurodéputés seront… en vacances parlementaires.