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Rendons à Bernard ce qui est à (Tristan) Bernard.

Dominique Paillé, le secrétaire général de l’UMP a une culture qui s’arrête à Léon Schwartzenberg, le très médiatique cancérologue, disparu il y a quelques années.

Intervenant sur les interdictions de fumer et autres restrictions, Dominique Paillé voulant faire de l’humour,racontait une anecdote dont l’auteur selon lui était Schwartzenberg.

C’est en fait de Tristan Bernard.

Dîtes moi docteur, que dois-je faire pour vivre très longtemps ? Le médecin rédigea une ordonnance dans laquelle était stipulé l’arrêt des excès de nourriture, l’interdiction de boire une goutte d’alcool, de fumer, et de pratiquer les actes sexuels.

Le patient ayant consulté l’ordonnance demandât au médecin : Si je suis vos prescriptions, vous me garantissez que je vivrai plus longtemps ?

Et le médecin de répondre: je ne sais pas si vous allez vivre plus longtemps, mais la vie va vous paraître tellement plus longue…

Tristan Bernard, de son vrai nom Paul Bernard, est né à Besançon le 7 septembre 1866 et mort à Paris le 7 décembre 1947, est un écrivain français. Il est célèbre pour ses mots d’esprit.

Après un enseignement suivi au lycée Condorcet et des études de droit, ce fils d’architecte entama une carrière d’avocat.
En 1891, il commença à collaborer à La Revue Blanche. C’est à cette occasion qu’il prend pour pseudonyme Tristan, le nom d’un cheval sur lequel il avait misé avec succès aux courses.Il avait la passion des courses de chevaux et fut l’inventeur du jeu de société, les petits chevaux.

Son premier roman « Vous m’en direz tant ! » fut publié en 1894, et sa première pièce de théâtre « Les Pieds Nickelés » fut créée l’année suivante.

Ami très proche de Léon Blum, de Jules Renard, Marcel Pagnol, Lucien Guitry et de bien d’autres artistes, Tristan Bernard était connu pour ses jeux de mots, romans et pièces de théatre, et fut un promoteur des mots croisés.

Tristan Bernard donna quelques articles au début du Canard enchaîné en 1917, puis le témoignage de sa sympathie en participant notamment à L’Almanach des vacances de 1921. Publier Tristan Bernard pour le Canard enchaîné, était le signe envoyé au lectorat que ce journal était « drôle, fin et parisien ». Il préside les banquets pour les numéros-anniversaires du journal en 1931 et 1934. La dernière strophe de la chanson Marquise de Georges Brassens, qui répond au poème de Corneille repris par le chanteur, a été écrite par Tristan Bernard :

« Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J’ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t’emmerde en attendant. »

À la fin de sa vie, il fut arrêté et déporté au camp de Drancy. À son départ pour le camp, il aura pour sa femme cette phrase : « Jusqu’à présent nous vivions dans l’angoisse, désormais, nous vivrons dans l’espoir. »

Il sera libéré trois semaines plus tard grâce à l’intervention de Sacha Guitry et de l’actrice Arletty. Son petit-fils, François, déporté à Mauthausen n’en revint pas. Il ne se remit jamais de cette disparition et mourut peu de temps après.

C’est en référence à son ouvrage Mémoires d’un jeune-homme rangé que Sartre et Simone de Beauvoir optent pour le titre Mémoires d’une jeune-fille rangée. Son ouvrage « Aux abois » a été adapté en 2005 au cinéma par le réalisateur Philippe Colin, avec pour acteur principal Elie Semoun.

Tristan Bernard est enterré au cimetière de Passy à Paris.

Philippe Penciolelli