Pakistan de Bhutto, ti fait tout sauter.

Benazir Bhutto, tuée jeudi dans un attentat attribué à Al Quaïda, car il faut bien désigner un responsable, alors que c’est peut-être tout simplement un règlement de compte à la tête de l’état, a été enterrée sans tarder dans le mausolée familial.

La mort de la dirigeante de l’opposition au président Pervez Musharraf, deux fois Premier ministre de son pays, a provoqué des manifestations qui ont fait au moins 24 morts, dont quatre policiers.

Le ministre de l’Intérieur du Sindh, Akhtar Zaman,a donné des ordres pour tirer à vue sur les manifestants menaçant les forces de l’ordre.

Benazir Bhutto repose aux côtés de son père Zulfikar Ali Bhutto, le premier Premier ministre élu du pays, renversé par l’armée en 1977 et pendu ensuite, et de ses frères Murtaza et Shahnawaz, morts dans des circonstances obscures???

« Vous pouvez tuer les Bhutto, et les tuer encore, il y en aura toujours un pour se dresser contre vous! », scandaient les manifestants.
Des slogans contre le président pakistanais Pervez Musharraf sont montés de la foule. « Honte à Musharraf l’assassin, honte aux tueurs américains! »

Le président Pervez Musharraf, adversaire politique de Bhutto pendant des années, a condamné l’assassinat et déclaré trois jours de deuil national.

Les détails de l’attentat commencent à être divulgués. Après une réunion publique dans un parc de Rawalpindi, Benazir Bhutto, qui venait de parler des menaces contre sa vie, a regagné sa voiture blindée. Par le toit ouvrant, debout, elle a salué ses partisans. C’est alors que le tueur a ouvert le feu avant de déclencher la charge explosive qu’il portait sur lui.

Son mari, qui a demandé la démission du gouvernement pakistanais, a jugé que les responsables de sa mort étaient les mêmes qui avaient commandité l’attentat du 18 octobre à Karachi contre le convoi de l’ancien Premier ministre à peine rentré d’exil. Il y avait eu 139 morts.