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Sarkozy, l’annonce d’une débâcle

Comme Bonaparte, cela s’annonçait bien, pour preuve le couronnement des présidentielles. Mais quelques mois plus tard, la maison Sarkozy se fissure et laisse apparaître des fragilités dans les fondations.

L’ouverture qui n’a rien apporté sur le plan « intellectuel », la croissance sur laquelle comptait tant le président et qui s’éloigne des 2% plus on avance vers 2008… Nicolas Sarkozy rêvait de 3% il y a quelques semaines…

Les membres de son gouvernement dont Rachida Dati et ses explications sur son faux-vrai diplôme qui lui aurait permis de rentrer dans la magistrature (lire : Sale temps pour Rachida Dati), l’agitation des magistrats contre leur ministre, Bernard Kouchner qui ne contrôle plus les pieds nickelés du Tchad, mêlant l’Arche de Zoé, l’ambassadeur de France et tout le personnel consulaire, Bernard Laporte dont nous avions rapporté les problèmes judiciaires et fiscaux, une augmentation de salaire du chef de l’état que l’on n’a pas pris la peine d’expliquer aux français , les dépenses de l’état qui galopent, un budget Elyséen en hausse, bref le sentiment d’un bordel monstre !

Les ministres courent derrière leur président ne sachant plus ce qu’ils doivent ou ne doivent pas faire ; pour preuve ce compte rendu d’Antoine Albertini de la visite de Rachida Dati en Corse le jeudi 27 septembre.

« Alors que Mme Dati doit effectuer un court déplacement en Corse, le programme officiel diffusé par la préfecture d’Ajaccio à la presse mentionne trois rendez-vous jusqu’à 12h35, la Ministre de la Justice décide d’allonger son programme en poussant son voyage jusqu’à Sartène.
Au cours de la nuit, des inconnus ont en effet mitraillé la façade du tribunal d’instance. Pas question de laisser passer un acte aussi criminel. C’est donc à bord d’un hélicoptère de la gendarmerie que Mme Dati se rend jusqu’à la sous-préfecture de Corse-du-sud pour y constater les dégâts.
Quelques heures auparavant, les services de sécurité de l’île ont pourtant fait passer le mot : donner une telle importance à cet acte ne manquerait pas de susciter une surenchère dans un contexte de plus en plus tendu où les clandestins s’en donnent à coeur joie contre les bâtiments de l’Etat.

Mais Rachida Dati applique à la lettre les préceptes de Nicolas Sarkozy dans le dossier corse : ne rien laisser passer.
L’hélicoptère à peine posé à Sartène, Mme Dati file donc vers le tribunal d’instance où elle réaffirme solennellement l’engagement de l’Etat : « partout où on attaquera la République et la Justice en particulier, nous serons aux côtés des personnels » déclare la ministre avant de regagner Ajaccio à bord de l’hélicoptère de la gendarmerie.

Au même moment, la Justice est justement « attaquée », à Bastia.
Des mains anonymes ont confirmé les prévisions des services de sécurité en déposant, sur le rebord d’une fenêtre de l’annexe du palais de justice, une charge de 100 à 300 grammes de dynamite. Dans la pièce attenante, onze fonctionnaires de la justice suivent un stage de formation. Tous sont fortement commotionnés par l’effet de blast de l’explosion.

A Ajaccio, alors que son hélicoptère vient de se poser sur le tarmac de l’aéroport de Campo dell’Oro, Mme Dati apprend la nouvelle. Flottement. Faut-il se rendre sur place et montrer que l’Etat reste « au côté des personnels » comme elle vient de l’affirmer ?
Selon plusieurs témoins directs de la scène, Mme Dati semble « un peu perdue ». Elle avise Patrick Lalande, procureur général de Bastia, de l’attentat puis décide de monter à bord du Falcon ministériel qui doit la ramener à Paris. Ses collaborateurs lui déconseillent de faire un crochet par Bastia. Pourtant, à bord, Mme Dati semble toujours indécise. Elle s’inquiète des dégâts et des blessés éventuels mais les informations sont toujours aussi floues : « on lui a dit que le bâtiment était désaffecté et vide » affirme un collaborateur de la ministre après avoir assuré que la ministre n’a appris la nouvelle de l’attentat qu’une fois en vol, ce que démentent tous les témoins du déplacement officiel.

Sur place, plus d’une demi-heure après les faits, journalistes, policiers, gendarmes et passants n’ignorent plus rien de la situation : onze blessés légers et un quatrième attentat contre l’annexe du palais de justice, déjà visée en 2004, 2005 et 2006. Des précisions qui n’ont visiblement pas pu traverser les airs et atteindre l’avion ministériel. Dans le ciel, loin, très haut, la décision de Mme Dati est prise : il faut rejoindre Paris, où d’autres rendez-vous l’attendent. Il sera toujours temps de revenir à Bastia le lendemain. Les personnels de la justice peuvent bien attendre une nuit pour que l’Etat s’affiche à leur côté. »

Dans le grenelle de l’environnement, il n’y a pas d’économies de carburants préconisée pour les membres du gouvernement!
Des troupes désordonnées et non formées, un général qui parle trop et trop vite (lire: Sarkozy veut en découdre avec la CGT), tous les ingrédients d’une débâcle annoncée…