DSK, boss du FMI, la France toujours plus grande!

DSK patron du FMI ou d’une quincaillerie (vu le stock de casseroles), quelle importance ?
Nicolas Sarkozy soutient activement la candidature de DSK pour le poste de président du FMI, uniquement dans un but politique national. En effet, cette fonction plus honorifique qu’utile convient à quelqu’un parlant l’anglais bien sûr, sachant déguster des petits fours avec élégance, et lapant le champagne avec discrétion. Pour le reste du job, du bla-bla qui ne mène et ne résout rien, pour preuve l’état de l’économie mondiale. Pour ceux qui trouveraient que cette vision est un raccourci, nous reproduisons ci-dessous les fonctions exactes décrites par le FMI lui-même.

Les principales activités du FMI ont eu trait à la prévention des crises, considérée comme une priorité absolue, et à leur traitement.
La prévention des crises, qui va de pair avec le maintien de la stabilité économique et financière, est d’abord assurée à travers la surveillance multilatérale. Le rapport du gouvernement contient, à ce sujet, d’intéressants développements sur la surveillance régionale dans le cadre de la zone franc et le renforcement des dispositifs de convergence, mis en place avec le concours de la France, au sein des ensembles UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) et CEMAC (Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale), avec la création d’un Comité de convergence de la zone franc. Les initiatives prises par le Fonds au titre de la prévention des crises concernent l’analyse et le suivi des marchés financiers internationaux, la mise en place d’indicateurs d’alerte, le renforcement de la transparence dans les pays membres sur leurs secteurs financiers, l’établissement de normes et codes visant à garantir cette transparence et à permettre l’identification des faiblesses de ces secteurs, enfin la fourniture d’une assistance technique dans ces domaines.
Ces activités se sont accompagnées de débats sur une réforme des facilités de financement du Fonds ainsi que des conditionnalités. Sur les premières, un certain nombre de révisions ont été entérinées, qui vont dans le sens d’une meilleure adaptation de ces instruments à la prévention des crises, en promouvant une utilisation plus efficace des ressources et en incitant aux remboursements anticipés. Le conseil d’administration n’a pas trouvé d’accord sur le second point. La direction générale du Fonds, considérant que le nombre de conditionnalités était excessif, se proposait de réduire les conditionnalités structurelles, qui auraient ainsi pu échoir à la Banque mondiale. La France, avec d’autres, s’est opposée à cette orientation, au nom, à la fois, de l’universalité du FMI, de la nécessité de renforcer son rôle dans la prévention des crises (dans laquelle la BIRD n’est pas compétente) et en considérant que la stabilité macro-économique n’est pas à elle seule suffisante pour créer les bases d’une économie saine. En l’absence de consensus au sein du conseil, il a été décidé de lancer un débat public sur cette question.
Le FMI s’est également attaché à favoriser l’insertion des pays en développement dans l’économie mondiale, c’est-à-dire dans le commerce mondial et dans les marchés financiers. La libéralisation commerciale contribue, en effet, au développement, mais elle est susceptible de provoquer une baisse des recettes commerciales des pays concernés. Pour cette raison, la France a proposé la création d’une facilité à vocation spécifiquement commerciale au FMI, en insistant sur le fait que la Banque mondiale devrait mieux intégrer la dimension commerciale dans les stratégies de développement. Elle a également invité à une réactivation du  » cadre intégré « , qui réunit les institutions de Bretton Woods et l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Concernant les marchés financiers, le rapport souligne les risques d’une ouverture mal maîtrisée, notamment en l’absence d’un secteur financier sain et d’une régulation domestique efficace. S’agissant de l’ouverture du compte de capital, la France appuie l’approche du Fonds selon laquelle celle-ci doit se faire sur la base du volontariat, considérant qu’il convient de favoriser les capitaux longs. Cette question est appelée à faire l’objet de débats ultérieurs. Enfin, en matière de régimes de change, le Fonds s’en tient à une approche pragmatique, que la France appuie. Elle préconise en outre le renforcement des coordinations régionales.
Enfin, le FMI s’attache à développer une régulation financière prudentielle, grâce aux travaux, notamment, du Forum de stabilité financière.
C’est avec le traitement des crises, notamment celles survenues en Turquie et en Argentine, que le rôle central du FMI apparaît avec le plus de netteté. D’abord parce que l’intervention du Fonds permet la mobilisation des financements internationaux mais aussi l’accompagnement du dialogue que les autorités des pays concernés engagent avec leurs créanciers. A l’occasion des crises, la France a d’ailleurs incité le Fonds à impliquer le secteur privé, ce qui a pu être réalisé, dans les cas précités, avec le maintien d’un certain nombre de lignes de crédit par les banques commerciales. Les autorités françaises considèrent que ce rôle central du Fonds est essentiel. Mais, en même temps, elles se sont préoccupées de parvenir à une sorte de sanctuarisation des dépenses sociales des pays en cause, bien que les politiques sociales ne soient pas de la compétence du FMI. La France a, d’ailleurs, insisté pour que la prise en compte des priorités sociales, de la lutte contre la pauvreté et les inégalités dans les programmes ne concernent pas seulement les pays les plus pauvres, mais aussi les pays émergents, et pour que la Banque mondiale, en concertation avec le Fonds, soit associée à cet effort. Le point central est que la réduction des dépenses publiques ne doit pas toucher les secteurs sociaux.
Sur les pays eux-mêmes, le rapport fait ressortir que l’une des principales difficultés auxquelles le Fonds a été confronté était de nature politique, les autorités (surtout pour la Turquie et le Pakistan) n’ayant pas toujours la volonté ou la possibilité de prendre les mesures adéquates, ce qui a conduit la France à être parfois très critique sur la manière d’opérer du FMI.